Le Courrier de Mantes Publié le 17 mars 2004


Un vent de contestation contre le projet d'éoliennes
par AS


Les associations dénoncent les risques inhérents au projet - Lucie Heurtaut, maire de Goussonville, souhaite mieux informer les populations aux risques liés à l'implantation des éoliennes. " Ne pas affronter une assemblée a priori hostile ! ". C'est en ces termes que les deux sociétés porteuses du projet d'éoliennes sur le plateau d'Arnouville, Total et La Compagnie du vent, ont décliné l'invitation de la commune de Goussonville à une réunion d'information vendredi soir. Prés d'une centaine de personnes essentiellement de Goussonville et du quartier du Castor de Guerville s'étaient déplacés pour s'informer des risques inhérents au projet. " Nous ne sommes pas directement concernés par l'implantation puisque nous sommes dans une cuvette ", explique le maire Lucie Heurtaut " mais nous sommes entourés par des communes visées par les promoteurs de ces éoliennes. La mise en place de ces édifices conduirait à augmenter les risques d'inondations de notre village au-delà des considérations esthétiques " précise Lucie Heurtaut pour motiver son opposition. Deux projets sont actuellement à l'étude. Celui de Total concerne l'implantation de quatorze éoliennes installées sur deux lignes distinctes. Les communes concernées par ce premier projet : Boinville, Arnouville, Hargeville et Goupillères. Deux projets distincts Le projet de la Compagnie des Vent, concerne l'installation de deux lignes d'éoliennes parallèles, partant au nord de Thoiry pour remonter vers le sud de Goussonville, en passant à l'ouest d'Andelu et de Jumeauville. Trois associations actives sur ce dossier ont également été invitées à alimenter le débat. Aster (association de sauvegarde du terroir et de l'environnement rural), Pas comme à vent et Sauver (association de sauvegarde d'Arnouville et d'union et de vigilance pour l'environnement) ont chacune exposer leurs arguments à coup de schémas et de chiffres. Un front de l'opposition qui souhaite influer sur la décision des communes concernées à un moment charnière du dossier. " Certaines communes comme Hargeville, Andelu, Bonville et Jumeauville ont voté l'étude de faisabilité. Goupillières, Thoiry, Septeuil et Guerville ont voté contre, Arnouville va consulter sa population et Breuil Bois Robert va délibérer. Nous devons donc informer les populations des conséquences d'une telle implantation ", insiste le maire de Goussonville. Une pétition va par ailleurs être mise en place par cette union anti-éoliennes.
AS

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Le Courrier de Mantes le 10 mars 2004
par Delphine Szydlowski

La commune dit "non" aux éoliennes

" Depuis 35 ans, nous avons subi toutes les installations et les pylônes à haute tension qui distribuent l'électricité sur toute la région parisienne.
Aujourd'hui, la centrale EDF ne fonctionne plus beaucoup et pourtant, nous avons toujours autant de lignes qui défigurent le paysage. Nous ne voulons pas d'éoliennes en plus. Elles sont désagréables d'un point de vue esthétique ".

Le message est clair. Le maire de Guerville Michel Boulland, comme l'ensemble de ses conseillers municipaux, s'est prononcé contre le projet d'implantation d'une trentaine d'éoliennes sur le plateau d'Andelu. En novembre dernier, la compagnie Total a présenté son dossier aux élus et aux agriculteurs des communes de Boinville-en-Mantois, Arnouville-les-Mantes et Hargeville.

Il s'agirait d'implanter quatorze éoliennes d'environ 2 MW chacune : des pales de 40 mètres tournées vers le vent et montées sur des mâts de 90 mètres de haut, des installations d'une hauteur totale de 130 mètres. Il ne s'agirait pas d'un champ d'éoliennes installé sur un site unique, mais de deux lignes distinctes.

La première partirait du sud de Guerville pour rejoindre Hargeville en passant l'ouest de Boinville, puis l'est d'Arnouville. La seconde débuterait au lieudit " Le buisson " sur la commune d'Arnouville pour arriver au nord de Goupillières en passant par Hargeville. Le fonctionnement en question Deuxième projet, celui de la Compagnie du vent qui compte également une quinzaine d'éoliennes de même puissance et de même hauteur, environ 135 m.

En revanche, il s'agirait d'une installation en deux lignes parallèles qui suivraient presque exactement les lignes à haute tension d'EDF déjà existantes, partant au nord de Thoiry pour remonter vers le sud de Goussonville, en passant à l'ouest d'Andelu et de Jumeauville. Le maire de Guerville met en avant le coût de ces nouvelles sources d'énergie pour justifier sa position contre le projet. " C'est un équipement qui coûte très cher de fonctionnement et qui ne peut fonctionner qu'au tiers de son temps. Pendant la période de froid, il faut arrêter les éoliennes, or c'est dans cette période-là qu'on a surtout besoin d'électricité ! Nous ne voyons donc pas l'intérêt d'investir dans de telles installations ".

Autre problème soulevé lors du conseil municipal, les conséquences et les gênes occasionnées pour tous les exploitants agricoles. " Les éoliennes sont installées sur des terres agricoles, ce qui n'est pas sans poser un certain nombre de problèmes. Il va falloir créer des chemins pour qu'elles soient accessibles aux techniciens. Ensuite, il va falloir relier toutes ces éoliennes entre elles par un câble qui risque de couper les drainages au sol. Des tuyaux ont été enterrés pour assurer l'écoulement des eaux.

Le risque de les détruire est important ". Rappelons que pour l'heure, nous n'en sommes qu'à l'étude de faisabilité qui a déjà été refusée par la commune d'Arnouville. Le site a été repéré et il s'agit maintenant pour les deux entreprises intéressées de savoir s'il s'agit d'un bon gisement éolien.

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Courrier de mantes 28 janvier 2004

Isabelle Cziffra

Le projet d'éoliennes au cœur des débats assemblée générale de l'association " Sauver "

Très sceptique sur l'intérêt de laisser s'implanter des éoliennes sur le plateau agricole, l'association attend une visite sur le site éolien de Dunkerque pour se prononcer. L'association Sauver (Sauvegarde d'Arnouville et d'union pour la vigilance sur l'environnement de la région a tenu samedi son assemblée générale à la mairie de Septeuil dans une salle archicomble.

Après avoir présenté le rapport d'activité et financier de l'année 2003, François Millochau qui présidait pour la dernière fois l'assemblée, a évoqué les actions prévues en 2004. L'évolution des couloirs aériens, la réhabilitation du site d'enfouissement technique d'Arnouville et la surveillance de l'implantation des antennes radiotéléphoniques sont autant de sujets qui concentreront toute l'attention de l'association dans les années à venir.

Comme prévue, Sauver a fait une large place au sujet qui préoccupe tout le monde sur le plateau agricole : les projets d'implantation des éoliennes de la société Total et de la Compagnie du Vent sur une dizaine communes situées au sud de Mantes (lire l'article du 21 janvier 2004). Le sujet a nourri les débats durant prés de 3 heures. Près de cent personnes venues de toutes les communes concernées s'étaient déplacées pour exprimer leurs points de vue et écouter les différents exposés techniques. " Les choses ne sont jamais noires ou blanches, un long débat est nécessaire. Il ne faut pas prendre de décisions en défendant son simple intérêt personnel ", expliquait Armel habitant de Septeuil favorable à la discussion. Partisans du " pour " et du " contre " ont donc confronté leurs arguments.

Pour les uns, l'aspect économique du projet mérite une attention particulière : " On nous propose un loyer de 9 150 euros par éolienne c'est l'équivalent du revenu fourni par 30 ha de terrain " souligne un agriculteur intéressé. De plus, cela apporterait de la taxe professionnelle aux communes concernées " conclut-il. Une visite à Dunkerque Pour les autres les pollutions sonores et visuelles ne peuvent être compensées par ces rétributions. " C'est un projet qui aura un impact sur le paysage sans compter la dévaluation de l'immobilier.

D'autres conséquences sont à craindre pour la faune et notamment les oiseaux " argumentent les représentants de l'association. Pour mieux se rendre compte de la réalité, une visite du site de Dunkerque est organisée le 31 janvier prochain à laquelle participeront des membres de SAUVER. " Nous irons à Dunkerque pour nous faire une idée du projet, même si le bruit ambiant de la mer faussera un peu les choses ", indique Marie-Christine Piot qui prendra prochainement la présidence de SAUVER. Bref un long combat se profile pour l'association qui compte mobiliser et fédérer un maximum de personnes pour veiller à l'évolution du projet et faire pression sur un monde politique en pleine campagne électorale. A.S.

Site de l'association : www.sauver.net. Une réunion publique, toujours sur le thème des éoliennes, aura lieu vendredi 30 janvier, à 20 h 45, à la mairie de Thoiry.

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Courrier de mantes
21 janvier 2004

Isabelle Cziffra

Eoliennes : les communes se tâtent, "Sauver" s'alarme

Total a déjà approché plusieurs communes sur le plateau. Si Arnouville-les-Mantes demeure méfiante, Boinville-en-Mantois et Hargeville ont accepté le lancement de l'étude de faisabilité.

Sauver (association de Sauvegarde d'Arnouville, d'Union et Vigilance pour l'Environnement de la Région) dénonce "le saupoudrage de volumineuses machines" dans le paysage. Michel Taillard, le maire d'Arnouville-les-Mantes, a eu connaissance du projet lors d'une réunion d'information en décembre.

"Nous n'avons pas donné notre accord pour lancer l'étude de faisabilité, précise-t-il. Les éoliennes peuvent faire du bruit. En plus, il me semble que les maisons d'Arnouville seraient les plus proches de la première ligne d'éoliennes selon les plans actuels." Dans la commune, certains ont peur. Les agriculteurs s'interrogent notamment sur l'avenir des réseaux de drainage des terres agricoles en cas d'implantation de pylônes.

"Nous attendons la visite organisée par Total le 31 janvier à Dunkerque, reprend Michel Taillard. Nous irons voir la centrale éolienne construite en 2003. C'est la meilleure façon de se rendre compte des nuisances sonores avant de prendre une décision." Prudence à Boinville A Boinville, le conseil municipal a approuvé le lancement de l'étude de faisabilité, mais le maire demeure prudent. "J'ai soumis cette délibération aux élus parce que je ne veux pas qu'à l'avenir, quiconque puisse dire qu'un maire a refusé des ouvertures à Boinville, notamment en matière de taxe professionnelle", déclare Daniel Maurey.

Total va démarrer l'étude en installant un mât de mesure pour s'assurer qu'il y a suffisamment de vent. Et le conseil sait qu'il dispose encore de temps pour changer d'avis. "Au bout d'un an, nous voterons - ou non - la poursuite du projet d'implantation. Les éoliennes ne seront installées que si les propriétaires acceptent de céder leurs terrains.

Et puis il faudra que Total respecte la réglementation en cas de découverte archéologique dans les sols." Deux projets à Hargeville Hargeville est concernée par les deux projets de centrale éolienne (Total Fina Elf et Compagnie du Vent). "Je ne suis pas défavorable à un projet dont je ne connais ni l'impact visuel ou sonore, explique le maire Jean Barlet. Le conseil municipal a accepté la demande de Total qui voulait prendre des mesures sur la commune."

A Hargeville, depuis septembre, un mât enregistre la force du vent près du bois du Gland, à proximité de la station de pompage exploitée par Total. La commune n'a pas encore été officiellement sollicitée par la Compagnie du Vent. Comme à Arnouville, Total a proposé aux habitants une visite du site de Dunkerque le 31 janvier. "Une vingtaine d'habitants se sont inscrits, précise Jean Barlet. Par ailleurs, une réunion d'information aura lieu à Hargeville début février."

L'association Sauver contre "le saupoudrage de grosses machines"

Même si les projets visent à exploiter l'énergie renouvelable du vent, Sauver nourrit de vives inquiétudes à l'idée de voir arriver des éoliennes sur le plateau. L'association de Sauvegarde d'Arnouville, d'Union et Vigilance pour l'Environnement de la Région est née en 1989. Les bénévoles s'étaient alors mobilisés contre les nuisances du centre d'enfouissement technique de Saint-Léonard.

Aujourd'hui, Sauver se dresse contre les éoliennes. "Tout se fait à l'initiative d'industriels lâchés dans la nature, qui veulent gagner le plus d'argent possible, et dans le plus grand désordre, dénonce le président François Millochau. A-t-on considéré l'aspect inesthétique d'un grand nombre de machines installées sur le plateau ? Au lieu de saupoudrer dans le paysage des modèles volumineux, il faudrait faire des centres d'éoliennes regroupées. Ce serait moins laid !". Sauver fédère une centaine d'adhérents sur les communes d'Arnouville, Septeuil, Saint-Martin des Champs, Hargeville, Breuil-Bois-Robert, Osmoy, Courgent.

L'association déterminera ses actions à venir au cours de sa prochaine assemblée générale, samedi 24 janvier, à 10 heures, à la mairie de Septeuil. Elle doit encore rassembler des informations sur les deux projets mais "il n'est pas exclu que nous manifestions contre les éoliennes", avertit François Millochau qui déplore l'absence de coordination des projets au niveau départemental et national. Deux réunions pour s'informer La première à l'initiative de "Sauver" se tiendra le samedi 24 janvier à 10 h à la mairie de Septeuil.

Il s'agit de l'assemblée générale de l'association. Les deux projets éoliens y seront évoqués La mairie de Thoiry organise une réunion publique d'information sur le projet de la Compagnie du Vent à la salle polyvalente le 30 janvier à 20 h 45, avec l'association "Pas comme à vent".