Le Parisien : 16/08/2004 LE PROJET d'implantation d'éoliennes


dans le nord-ouest du département rassemble, au fil des semaines, de plus en plus de détracteurs.En témoigne la véritable vague de sympathie que connaît actuellement l'association Sauver (Sauvegarded'Arnouville et union pour la vigilance sur l'environnement et la région), à l'origine de la levée de boucliers contre les éoliennes. En quelques mois, cette dernière a effectivement vu ses effectifs multipliés par quatre.
Avant sa campagne d'information, lancée au printemps dernier, Sauver comptait une soixantaine de sympathisants. Aujourd'hui, elle a passé la barre des 250.
Et bataille d'autant plus âprement pour rejeter un projet éolien porté par la Compagnie du Vent et Total, qui prévoit l'implantation d'une trentaine de machines au sud de Mantes, entre Breuil-Bois-Robert et Thoiry. Certains de ces engins, hauts de 135 mètres et portant des pales de 90 mètres de diamètre, pourraient, selon l'association, pousser à " environ 500 mètres des habitations ".
" Nous nous opposons vigoureusement au projet, lance tout net Marie-Christine Piot, la présidente. Il risque d'apporter de nouvelles nuisances, notamment du bruit et une pollution visuelle, alors que la région est déjà bien servie avec une multitude de pylônes électriques. Ce qu'il reste de verdure et de terre agricole va encore être amputé. " Et de redouter : " Notre secteur sera fortement dévalorisé, alors que des Parisiens et des habitants de la petite couronne fuient la ville pour s'installer chez nous et trouver une meilleure qualité de vie... "
Un argumentaire également développé par le vicomte Paul de La Panouse, créateur de la réserve africaine de Thoiry, l'un des premiers à s'être élevé contre les projets éoliens. " On verra les trente pylônes à des kilomètres à la ronde " Selon lui, " tout le patrimoine et l'économie d'une région qui constitue la ceinture verte, à 35 km de Paris, vont se trouver condamnés. On verra les trente pylônes à des kilomètres à la ronde. C'est la dégringolade annoncée du prix des maisons. "
Alors, Marie-Christine Piot continue à fourbir ses armes : la responsable s'est longuement penchée sur le dossier, et alimente régulièrement le site de l'association (www.sauver.net). Elle a suivi une multitude de réunions sur le sujet, a répondu à l'invitation de Total en allant visiter un parc éolien à Dunkerque (Nord) avant l'été, a mobilisé ses amis, qui ont semé des panneaux " Non aux éoliennes " le long des principales routes du plateau mantois.

La forte mobilisation constatée au sein de la population locale prouve que ce travail a payé, mais Sauver ne crie pas victoire pour autant. Aujourd'hui, la balle est dans le camp des maires des villages concernés. " Ils ont été sollicités par les organismes pour mener des études de faisabilité, indique Marie-Christine Piot. Un mât de mesure a été installé à Hargeville par Total voici bientôt un an, pour enregistrer la force du vent. Et en fonction de ces mesures, dont les conclusions doivent être révélées très prochainement, la société doit décider si elle poursuit ou non son projet. "

Yves Fossey

Deux mairies ont donné leur accord

L'INSTALLATION d'aérogénérateurs doit être accélérée en France afin de produire au moins 21 % de l'électricité en 2010 au plus tard. Mais, avant de monter leurs éoliennes, les opérateurs doivent d'abord dialoguer avec les populations. Et, dans le Mantois, même si rien n'est encore fait, les habitants ne voient pas d'un bon oeil l'arrivée des appareils. Huit des dix communes concernées s'opposent au projet, refusant le lancement d'une étude de faisabilité. Si Guerville et Goussonville ont répondu par un non franc et massif, Boinville-en-Mantois et Jumeauville se sont rétractées après avoir dit oui. Autre position à Andelu, village de 300 âmes : malgré les contestataires parmi son conseil et de nombreux remous, Michèle Bougnoteau a donné son accord. " Je ne suis pas opposée sur le fond, mais si le projet doit être mené à son terme, j'organiserai au préalable un référendum dans la commune ", indique l'élue pour calmer les esprits.

Quelques kilomètres plus loin, à Hargeville, le maire, Jean Barlet, a lui aussi donné un avis favorable pour la réalisation d'une étude de faisabilité. Un mât de mesure a d'ailleurs été installé sur les terres communales voilà un an pour enregistrer la force du vent dans le secteur.

Yves Fossey

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Le Parisien : 15/04/2004 Les éoliennes divisent les écologistes

LES PANNEAUX « Non aux éoliennes » fleurissent le long des routes du plateau du Mantois et aux entrées d'Arnouville-lès-Mantes, d'Andelu, de Breuil-Bois-Robert ou de Goussonville. Confrontés à deux projets d'installation de 15 éoliennes chacun de 135 mètres de hauteur au-dessus de leurs maisons, les habitants des communes concernées se mobilisent à travers des réunions.

Sept conseils municipaux, ceux de Thoiry, Septeuil, Goussonville, Guerville, Boinville-en-Mantois et tout dernièrement Jumeauville, ont voté contre. Deux, Hargeville et Andelu, malgré une division des élus, ont accepté que les bureaux d'études de Total et de la Compagnie du Vent poursuivent leurs investigations. Les deux dernières communes concernées, Breuil-Bois-Robert et Arnouville, n'ont pas pris position, mais leurs maires ont annoncé qu'ils consulteraient la population.

Dernièrement, Paul de la Panouse (notre témoin du jour) , propriétaire du château de Thoiry, estimait sur une chaîne de télévision que ces installations dans la ceinture verte de Paris étaient une aberration. S'ils provoquent une levée de boucliers de la part des habitants, ces projets éoliens divisent les écologistes et les associations de protection de l'environnement.

Mardi, lors de son assemblée générale, le Capesa (Collectif des associations pour l'environnement en Seine aval), qui regroupe une douzaine d'associations locales dont Sauver, celle qui milite dans la région d'Arnouville-Septeuil contre les éoliennes, n'a pas voulu prendre position. Le collectif a décidé de demander une entrevue avec la société pétrolière Total à l'origine d'un des projets.

« Sur le fond, nous ne pouvons pas être contre le principe d'une énergie renouvelable, non polluante. Sur la forme, par contre, il semble dans ce cas qu'il y ait des problèmes sur le lieu d'implantation ou la consultation des habitants », souligne Albert Bischerour du Graal, des Mureaux, et d'autres responsables associatifs.

D es appareils de 135 mètres de haut Marie-Christine Piot, la présidente de Sauver, met, elle, en évidence les incohérences : la hauteur des éoliennes - 135 mètres - distantes de 400 mètres les unes des autres et dont certaines seront situées à 500 mètres des plus proches habitations ; les problèmes de sécurité - une éolienne s'est dernièrement brisée dans le nord de la France - ; la pollution visuelle et sonore ; la détérioration irréversible des terres agricoles - la Fédération des syndicats agricoles d'Ile-de-France doit prendre position à ce sujet le 20 avril - avec des routes à travers les champs pour accéder aux chantiers et les blocs de béton « gros comme des piscines olympiques » qui vont supporter les pylônes ; la dépréciation de la valeur immobilière et la limitation de l'espace constructible des villages.

« Tout cela pour un résultat économique peu convaincant, pas assez de vent et l'incertitude qu'EDF continue à racheter au prix fort l'électricité éolienne. » Claude Kintz, le président du Capesa, souligne pour sa part d'autres contraintes locales, telles que la présence de lignes haute tension, d'un pipeline, de sites archéologiques.

Tout comme Marie-Christine Piot, il estime qu'il existe des sites plus appropriés pour développer l'énergie éolienne. D'ailleurs, l'Ademe, Agence pour le développement des énergies nouvelles, vient de préconiser d'orienter les études vers des sites marins plus ventés et moins visibles.

Christian THOMAS

Le Parisien : 15/04/2004 LE TÉMOIN DU JOUR

" On verra les pales à 30 km à la ronde " CROQUIS et carte en main, le vicomte Paul de La Panouse a vite fait le calcul : " Avec leurs mâts de 135 mètres équipés de pales de 90 mètres, du pied des tours de Montfort-l'Amaury on verra le sommet des éoliennes par-dessus les toits du château de Thoiry puisque les plus hautes collines de la région ne culminent qu'à 120 mètres de hauteur. "

Le créateur de la réserve africaine, qui s'est élevé dès le début contre les deux projets éoliens, ne prêche pas que pour sa paroisse et pour les 400 000 visiteurs qui fréquentent chaque année le troisième site touristique d'Ile-de-France hors Paris. " C'est tout le patrimoine et l'économie d'une région, qui constitue la ceinture verte à 35 km de Paris, qui va se trouver condamné puisqu'on verra les 30 pylônes à une trentaine de kilomètres à la ronde.

Il s'agit d'une part de l'économie touristique avec les musées de Vicq, de Montfort, et les gîtes ruraux qui se multiplient, mais aussi de l'économie plus générale avec les entreprises qui viennent s'installer car elles bénéficient de la renommée locale. Mais surtout cela va entraîner une dégringolade annoncée du prix des maisons.

Depuis que je suis intervenu la semaine dernière à la télévision, une dizaine de personnes qui cherchaient à s'installer dans la région m'ont téléphoné et interpellé. Elles se demandent si elles doivent continuer leurs prospections ! "


Christian THOMAS

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Le Parisien : 12/02/2004 Vent de fronde contre le projet d'éoliennes

UN CHAMP D'ÉOLIENNES va-t-il pousser sur le plateau au sud de Mantes ? Deux entreprises, Total et la Compagnie du vent, prospectent actuellement un secteur compris entre Boinville-en-Mantois et Thoiry.

Chacune aimerait y implanter une quinzaine d'éoliennes pour produire de l'électricité. Mais cette perspective n'enchante guère les habitants d'Arnouville-Hargeville et de Jumeauville-Andelu. " Cela va défigurer notre paysage. On compte déjà beaucoup de pylônes électriques ", s'inquiètent des riverains de cette zone rurale et vallonnée ainsi que des membres de l'association Sauver* rejoints par ceux d'un nouveau comité Pas comme à vent.

Le procédé, qui semble écologique, est pourtant rejeté par les associations de défense de l'environnement. En ligne de mire, les nuisances sonores et visuelles que ces machines de 120 mètres de haut équipées de pales de 40 mètres pourraient engendrer. " Cela va défigurer notre paysage "

" Nous voyons beaucoup d'inconvénients, explique François Millochau, président de l'association Sauver, fermement opposée au projet. Il y a bien sûr les conséquences visuelles et sonores. Mais il en existe d'autres encore. Les chasseurs seront empêchés de s'adonner à leur pratique autour de l'appareil. Idem pour les agriculteurs.

Les maires, qui ne sont pas encore décidés, pensent évidemment aux avantages en nature : la taxe professionnelle. Mais n'oublions pas que cette taxe dépendra du rendement financier de ces appareils. Et ici, il y a beaucoup de semaines sans vent... " D'autres arguments reviennent dans la bouche des habitants inquiets. Comme la baisse du prix de l'immobilier ou de l'activité touristique, liée à l'arrivée des éoliennes.

Pourtant, les nouvelles générations d'aérogénérateurs, comme celui installé à Guitrancourt, sont très peu bruyantes. Certaines éoliennes parviennent même à plaire aux habitants ! " De toute façon, si nous construisons quelque chose, nous utiliserons les nouvelles technologies, explique Gilles Cochevelou, directeur des énergies renouvelables à Total. Mais j'insiste : pour l'instant, nous en sommes à la phase de prospection. Rien n'est décidé. "


Si le projet voit le jour, ce ne sera pas avant 2006-2007. Et même les associations hostiles n'ont pas encore prévu de manifestation. Elles établissent des contacts entre elles afin de rassembler un maximum de personnes. Les détracteurs parient également sur les élections régionales et cantonales, prévues au printemps. " Les candidats seront bien obligés de se positionner sur le problème des éoliennes ", se délecte, par avance, un militant.

*Sauver : association de Sauvegarde d'Arnouville, d'union et vigilance pour l'environnement de la région.