Paris Normandie 13.01.2004

Frédérique Thuillier

Vent d'inquiétude sur les éoliennes

Une étude concernant l'implantation d'une quinzaine d'éoliennes sur le plateau d'Arnouville-lès-Mantes vient d'être engagée. Un projet présenté " oralement " aux élus et aux agriculteurs des communes concernées en fin d'année dernière et qui inquiète les défenseurs de l'environnement.

Quatorze pylônes de 90 mètres de haut, des pales décrivant des cercles de 90 mètres de diamètre. C'est la description des aérogénérateurs présentés, en novembre, par la société Total qui pilote le projet. Il ne s'agit pas d'une " ferme " regroupant sur un même site plusieurs éoliennes mais de deux " lignes ". La première partant de Guerville, contournant Boinville-en-Mantois par l'Ouest et Arnouville-lès-Mantes par l'Est, pour rejoindre la route entre Arnouville et Goussonville.

La seconde commençant au lieu-dit " Le buisson " _ commune d'Arnouville _ pour filer droit sur Goupillères. Le nombre et l'importance des installations (135 mètres de haut, soit la hauteur d'un immeuble d'environ 40 étages) inquiètent.

Dimanche, le maire de Boinville, Daniel Maurey, qui présentait ses vœux à la population, évoque une simple " étude de faisabilité à la fois technique, écologique, géographique et administrative ". Nuisances Toutefois, pour certains défenseurs du patrimoine rural, " le projet est déjà bien avancé. Un anémomètre a d'ores et déjà été installé pour mesurer la force du vent à Hargeville. L'affaire est sérieuse.

Dans le cadre du développement des énergies renouvelables, des fonds ont été débloqués et les industriels s'engouffrent dans les projets. C'est une course contre la montre. " Impact sur le paysage, nuisances sonores, dévaluation de l'immobilier, conséquences pour la faune et notamment les oiseaux, interférences potentielles dans le cheminement des signaux électromagnétiques tels que ceux des émissions radio et TV et des communications hertziennes.

Autant de points sur lesquels les associations aimeraient avoir des explications. " Sauver " en alerte L'association Sauver (Sauvegarde d'Arnouville et union pour la vigilance sur l'environnement de la région), qui tiendra son assemblée générale annuelle le samedi 24 janvier prochain à 10 h, en mairie de Septeuil, a placé le projet d'éoliennes parmi les points forts de son ordre du jour. " S'il s'avère que les vents sont propices à l'installation des éoliennes, nous ne nous laisserons pas faire, annonce un de ses représentants. Il semble que la majorité des maires soit favorable au projet qui rapportera une taxe professionnelle aux communes.

Les agriculteurs, qui seraient dédommagés de 9.150 €/an par pylône implanté dans les espaces cultivés, n'opposeront sûrement pas une résistance farouche. Il faudra que l'on nous prouve que, si le plateau est défiguré, c'est au nom d'un projet écologique et économique pour tous. Et non au profit d'intérêts privés encourageant une vaste fumisterie et une technique qui sera obsolète d'ici 10 à 15 ans. "

© 2004 Paris Normandie Tous droits réservés.
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Paris Normandie 13.01.2004

Frédérique Thuillier


Tempête contre les éoliennes : L'opposition au projet d'implantation de trente éoliennes entre Boinville et Thoiry s'organise. Les associations de défense de l'environnement se serrent les coudes.

L'opposition au projet d'implantation de trente éoliennes entre Boinville et Thoiry s'organise. Les associations de défense de l'environnement se serrent les coudes. Exposé brillant et débat animé. Voilà qui résume l'assemblée générale de Sauver (Sauvegarde d'Arnouville, union et vigilance pour l'environnement de la région), samedi matin à Septeuil.

La salle de la mairie est comble et des dizaines de personnes, dont une demi-douzaine de maires du canton, suivent debout, plus de deux heures durant, la réunion dont l'essentiel concerne le projet d'éoliennes sur le plateau d'Arnouville. " On a besoin d'électricité, mais il ne faut pas faire n'importe quoi. " C'est le maire de Septeuil, Yves Gouebault, qui donne le ton d'entrée. Le projet de la société pétrochimique Total fait peur.

Une première série de 14 éoliennes de 135 mètres de haut sera installée entre le poste de Mézerolles (Boinville-en-Mantois) et Goupillères. Une seconde, de même ampleur ou presque, implantée par la Compagnie du vent dans la continuité, jusqu'à Andelu, a motivé la création d'une association en décembre dernier : " Pas comme à vent ". Ses représentants proposent d'unir les forces. Aster, l'Association de sauvegarde du terroir et de l'environnement rural, basée à Goussonville, suit le mouvement.

Même combat pour tous les défenseurs de l'environnement qui prêtent toute leur attention à l'exposé de Jean-Daniel Chirol. L'ingénieur a planché sur le dossier. La construction des éoliennes, le nombre de projets du même type en Ile-de-France (9 dans les Yvelines, 1 dans le Val-d'Oise et 19 en Seine-et-Marne), la liste impressionnante des nuisances.

Le public a toutes les données en main pour débattre sur le sujet. Pluie de nuisances Les travaux de voirie " lourde " pour acheminer les matériaux de construction et assurer l'accès à la maintenance. La destruction des paysages. Le scintillement des pales en mouvement. L'absence de normes sonores. La destruction des oiseaux pris dans le tourbillon. L'interdiction de chasse en zone éolienne. Les perturbations des ondes électromagnétiques. Les risques d'accident si une pale se décroche. La projection de blocs de glace en cas de givrage des pales. La baisse des valeurs immobilières. La liste est longue.

" L'Ile-de-France est bien trop urbanisée pour accueillir ce genre de projet, " s'insurge un participant. " L'éolien exige un vent constant. C'est une hérésie intellectuelle de l'implanter dans les terres, " argue un autre. " Et a-t-on vraiment besoin de ça alors que la France produit suffisamment d'énergie ? " interroge un troisième. Pour l'heure, les promoteurs éoliens engagent une étude de faisabilité. Si le gisement éolien se révèle inadéquat, le projet s'arrêtera là. Dans le cas contraire, il faudra que les communes modifient leur plan local d'urbanisme pour y intégrer la construction des " machines ", avant que l'enquête publique ne soit lancée. Pour les défenseurs de l'environnement, le combat commence maintenant.

Réunion publique sur le projet d'éoliennes, le vendredi 30 janvier, à 20 h 45, à la salle polyvalente de Thoiry.

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Paris Normandie 12.03.2004

Frédérique Thuillier

Elus et défenseurs de l'environnement organisent une réunion aujourd'hui
Les éoliennes sèment la tempête


Les deux projets d'implantation d'une trentaine d'éoliennes sur le plateau agricole entre Breuil-Bois-Robert et Andelu inquiètent les villages " satellites ". A Goussonville, élus et associations fourbissent leurs armes de concert.

Ils exposeront leurs arguments vendredi soir, à l'école du village lors d'une réunion publique. " Aucune terre de Goussonville n'est convoitée par Total, à l'initiative du projet qui concerne une douzaine d'éoliennes entre Mézerolles et Goupillères, explique Lucie Heurtaut, maire de Goussonville. Les responsables de la société ont d'ailleurs décliné notre invitation pour vendredi. En revanche, notre village, comme Jumeauville et le quartier des Castors à Guerville, est en première ligne pour les " dommages collatéraux " que ces machines ne manqueraient pas de causer : les inondations.

Nous avons engagé des études et des investissements pour résoudre le problème du ruissellement des eaux qui viennent du plateau et ont envahi dramatiquement à plusieurs reprises certains secteurs de notre village. Les éoliennes et leurs embases de béton ancrées dans les champs réduiraient à néant nos efforts.

" Trois associations de défense de l'environnement unissent leurs énergies dans la lutte : Aster (Association de sauvegarde du terroir et de l'environnement rural), Sauver (Sauvegarde d'Arnouville et union pour la vigilance sur l'environnement de la région) et " Pas comme à vent " créée très récemment à Andelu. " A la base de chaque éolienne, il y aura une surface de béton équivalant à une piscine olympique, argue Jean Mercier, président d'Aster. Ca ne peut que perturber l'écoulement naturel des eaux. Sans compter les drainages existants qui seront détruits sans que l'on s'en rende compte. "

Autre sujet de colère : " Le patrimoine immobilier sera dévalué sans aucune compensation financière pour la collectivité. Nous ne voulons pas que notre paysage soit hérissé de mâts dont la hauteur atteint celle du deuxième étage de la Tour Eiffel. " Bientôt une pétition Les détracteurs du projet dressent une liste " non exhaustive " des nuisances liées à l'éolien : le bruit, la pollution visuelle, l'impact sur la faune, notamment les oiseaux, les perturbations des ondes électro-magnétiques, les conséquences sur les patrimoines tant immobilier qu'agricole, sans oublier les risques d'accidents liés à la rupture de pales.

Elus et associations poursuivent leurs recherches de documentation sur le dossier pour informer au mieux les populations concernées. Quant à l'action, ils annoncent " pour les semaines à venir la mise en place d'une stratégie dont la première étape sera l'ouverture d'une pétition dans tous les secteurs directement ou indirectement touchés ".