Merci à Anne - Marie Serre et à Jean-Daniel Chirol pour leurs contributions.

1 - Les deux projets du plateau agricole de Breuil à Andelu


Deux projets sont envisagés au sud de Mantes par les sociétés Total et la Compagnie du Vent. Le projet Total qui concerne la plaine d'Arnouville comporterait :

- un couloir d'une dizaine d'éoliennes de 2 MW installées en parallèle à la ligne Haute Tension du plateau, partant du poste électrique de Mazerolles vers Goupillères via Hargeville

- le mat de ces éoliennes de marque VESTAS ferait entre 90 et 105m de haut, les pales ayant 45m de long, ce qui porte le tout à environ le 2ème étage de la Tour Eiffel ; le poids total serait de 250 tonnes environ. Leur mise en place et leur maintenance demanderont la création de voiries lourdes de grandes dimensions et pérennes - au moins sur 15 ans, durée de la concession - les éoliennes démarrent à partir de vents de 14km/h (force 3)

- elles fonctionnent à leur puissance nominale à partir de vents de 40km/h

- leur vitesse de rotation augmente avec la force des vents sans jamais dépasser 15 tours/minute, ce qui est lent et se voit très bien dans le ciel

- elles ne fonctionnent plus pour des vents de plus de 90km/h - le tout est piloté à distance sans aucune surveillance humaine ni protection physique.

Le projet de la Compagnie du Vent prévoit une quinzaine d'éoliennes entre Andelu et Jumeauville.

2 - L'explosion du nombre de projets en France en liaison avec la réglementation

- Aspects économiques : On constate actuellement en France une explosion du nombre des projets, tant dans des régions littorales, dans l'Aude et le Finistère, que dans des zones agricoles centrales, comme l'Aveyron. En Ile-de-France, il y aurait 29 sites envisagés, 19 en Seine et Marne, 9 en Yvelines et 1 dans le Val d'Oise.

Cette explosion est directement liée à la réglementation française récente qui fait suite à la directive européenne du 27 septembre 2001 en matière d'énergies renouvelables établie dans le contexte du protocole de Kyoto de 1997 visant à réduire les émissions polluantes. Par ses incitations financières, l'Etat semble promouvoir l'énergie éolienne terrestre au détriment d'autres énergies renouvelables tout aussi prometteuses.

C'est en particulier à l'arrêté COCHET du 8 juin 2001 qui fixe le prix de rachat par EDF de l'électricité éolienne à un prix très élevé et à la manne financière qui en résulte que l'on doit la prolifération actuelle de projets : le prix fixé par l'arrêté est de 83,8 euros le MWh pendant 5 ans, avec un tarif dégressif les 10 années suivantes si le site est moins bien venté, et 45,7 euros le MWh à partir de la 16ème année.

Dans ces conditions, l'éolien devient une énergie rentable pour les sociétés qui l'implantent, avec un acheteur garanti pour 15 ans à un prix fixé d'avance, alors que le coût final est supporté par le consommateur et le contribuable.

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